Depuis 60 ans, la marque de Stuttgart a su marquer les esprits et les cœurs de tous les enthousiastes de conduite sportive à travers le monde.
Mais au-delà des autos, l'histoire de la marque s'avère aussi fascinante, que ce soit par les hommes qui sont derrière ou par le palmarès sportif.
Difficile de choisir seulement 60 photos dans une histoire aussi riche. C'est pourtant la gageure que j'ai fait au travers de ces trois galeries de photos. Bon voyage dans le temps.
* Partie 1 : les débuts
* Partie 2 : les années 911
* Partie 3 : l'expansionPartie 1 : les débuts
Cette Lohner-Porsche de 1900 est la première automobile à 4 roues motrices au monde grâce à ses moteurs électriques placés directement dans chaque roue. On peut voir Ferdinand Porsche à côté du conducteur.

On retrouve Ferdinand Porsche lors des essais de la KDF-Wagen en 1937, future Volkswagen Beetle, que lui a commandé le régime nazi pour le peuple allemand. La voiture doit être lancée en 1939, mais le conflit qui embrasera l’Europe en décidera autrement.

Cette voiture amphibie Type 166 a été étudiée par Porsche pour l’armée allemande sur une base de Beetle. Elle sera fabriquée de 1942 à 1944.

Durant les hostilités, le bureau d’étude de Porsche doit déménager de Stuttgart vers Gmünd, en Autriche en 1944, afin d’éviter les bombardements alliés. C’est de ces ateliers que démarrera l’aventure Porsche.

La photo est historique. Prise en 1948, dans les locaux de Gmünd, on y retrouve, de gauche à droite, Ferry Porsche, son père Ferdinand et la le prototype de la toute première Porsche, celle qui deviendra la 356.

Cette Porsche est la numéro 1. Il s’agit d’un cabriolet à carrosserie en aluminium reprenant la base technique de la Beetle et équipé d’un moteur poussé à 35 chevaux.

Suite au cabriolet, un coupé est tout de suite construit, toujours en 1948. Il reprend les mêmes caractéristiques techniques.

Il s’agit d’une 356 de 1950. Le moteur est un 1086 cm3 développant 40 chevaux. Vitesse maxi : 140 km/h.

Une photo tout à fait étonnante, prise en 1949 : on y retrouve Ferdinand Porsche avec deux de ses petits enfants. À droite, Ferdinand Piëch, qui deviendra le PDG du groupe Volkswagen (jusqu’en 2002). À gauche, Ferdinand Alexander Porsche, qui deviendra designer et créera les lignes mythiques de la 911. Vous avez dit l’auto dans le sang?

Nous sommes en 1954 et il s’agit de la 5ième et dernière Carrera Panamerica originale. La 550 Spyder (1,5 litre, 110 chevaux) de Hans Hermann (à gauche) finira troisième du classement général. La légende sportive de Porsche est en marche.

Les milles Miglia de 1955 se terminent par trois victoires de catégories pour Porsche. La 550 Spyder de Wolfgang Seidel et Helm Glöckler finit victorieuse de la classe moins de 1500 cm3.

La 356 continue d’évoluer. Cette version Speedster de 1955 est dotée d’un moteur de 1488 cm3 développant 70 chevaux.

Dans les années 50, on est déjà loin des locaux de Gmünd. La compagnie a connu une bonne croissance et exporte déjà avec succès vers l’Amérique.

Une typique photo de publicité. On y voit un coupé 356 A de 1956 en compagnie d’un Speedster de 1955, photographiés au printemps 1956.

1956, la 356 A bénéficie d’une version Carrera dont le moteur de 1,5 litre développe 100 chevaux, ce qui lui permet d’atteindre près de 200 km/h.

La 356 existe aussi en version cabriolet. Cette 356 A de 1959 en est un bel exemple. Son moteur de 1,6 litre développe 75 chevaux.

Cette 718 GTR coupé s’illustra à la Targa Florio de 1963 entre les mains de Joakim Bonnier, qui signera la victoire.

1963, le règne de la 356 est sur le point de finir. Dans sa version ultime, 356 B Carrera 2, elle est équipée d’un 4-cylindre de 2 litres développant 130 chevaux et la propulsant à 200 km/h. Mais Porsche a dans ses cartons un modèle qui s’apprête à marquer l’histoire de l’automobile.
Partie 2 : les années 911
Septembre 1964, le nouveau coupé Porsche est présenté au salon de Paris. À ce moment, il porte encore le nom de 901. Mais Peugeot, qui possède les droits sur tous les numéros à 3 chiffres avec un zéro central demande à Porsche de le changer. La 901 devient la 911. On la voit ici devant des 356, qui seront encore produites jusqu’en 1965.

Ferdinand Alexander Porsche, dit Buzzi et petit fils de Ferdinand Porsche, devant sa création la plus célèbre. Il est en effet l’auteur des lignes de la 911.

La disparition des 356 crée une demande pour une 911 4-cylindres (alors que la 911 originale possède un 6-cylindres à plat refroidi par air de 2 litres). La 912 est lancée en 1965, mais sa carrière se fera dans l’ombre de sa sœur plus musclée.

Première nouvelle carrosserie pour la 911 en 1967 : la Targa. Une tradition encore maintenue aujourd’hui, même malgré la présence d’une version cabriolet.

En 1967, Porsche remporte sa première victoire aux 1000 kilomètres du Nürburgring avec un modèle 910 équipé d’un 8-cylindres à plat de 220 chevaux. Udo Schütz et Joe Buzzetta se partagent le volant.

La 908 à queue longue remporte l’épreuve de Spa en 1968 grâce à son moteur de 350 chevaux. Cette même année, Porsche remporte le championnat du monde des constructeurs.

En avril 1969, Porsche lance un modèle destiné à attirer de plus jeunes acheteurs que ceux de la 911. La 914 est développée en commun avec Volkswagen et possède son moteur en position centrale arrière, au lieu de la traditionnelle position en porte-à-faux arrière. L’acheteur peut choisir entre des 4 et 6-cylindres. La production s’arrêtera en 1976 après près de 130 000 exemplaires.

Le 14 juin 1970, Porsche remporte sa première victoire aux 24 heures du Mans. Le modèle victorieux est une 917 aux mains de Dick Attwood et Hans Hermann. Dans cette configuration, elle développe 580 chevaux. Dans son ultime développement, la 917 atteindra les 1000 chevaux.

1970 est décidemment une année faste pour Porsche puisque la marque remporte son troisième succès consécutif au rallye de Monte Carlo. La 911 S 2.3 est conduite par Björn Waldegaard et Lars Helmer.

En 1972/73, Porsche produit la 911 Carrera RS 2.7. Allégée et équipée d’un moteur de 2,7 litres développant 210 chevaux, elle se distingue par son aileron arrière proéminent. Encore aujourd’hui, elle reste l’un des modèles favoris des porschistes.

Une nouvelle étape est franchie en octobre 74, avec l’introduction de la Turbo. Son moteur de 3,0 litres développe 260 chevaux. Malgré sa boîte de vitesse comportant seulement 4 rapports, elle atteint les 250 km/h et il s’agit d’un bête et reste très délicate à maitriser.

Il est encore possible de reconnaitre la base de 911 sous les traits de cette 935 dite « Moby Dick »… mais de justesse. Utilisé dans les courses d’endurance, ce modèle 1978 développe 835 chevaux.

Début 1976, la 924 est introduite sur le marché. Dans l’esprit, elle remplace la 914 mais dans sa construction, il s’agit d’un tout autre véhicule. En effet, la 924 est la première Porsche équipée d’un 4-cylindres (d’origine Audi et refroidi par eau) placé en position avant et avec une boîte de vitesse transaxle.

Pour le millésime 1978, le moteur de la 911 Turbo est revu : passage à 3,3 litres, ajout d’un refroidisseur d’air. Résultat : 300 chevaux et 260 km/h en pointe. Heureusement, le freinage est lui aussi revu.

Toujours pour le millésime 1978 est introduite celle qui, dans la tête des dirigeants de Porsche, va remplacer la 911 : la 928. Le moteur est un V8 de 4,5 litres développant 240 chevaux placé en avant avec une boîte transaxle. Elle remporte le titre de voiture de l’année européenne en 1978. À ce moment, le destin de la 911 semble scellé…

Pour relancer les ventes de la 924 en Amérique du Nord, Porsche lance une version turbocompressée en 1979. La puissance du 2,0 litres passe de 125 à 170 chevaux. Pourtant, les ventes ne décollent pas vraiment.

Dès le millésime 1980, Porsche ajoute une version plus sportive de la 928 : la S. L’ajout d’éléments aérodynamiques est complété par un moteur réalésé à 4,7 litres (300 chevaux).

La 956 remporte les 24 heures du Mans en 1982. Le duo 956/962 ne remportera pas moins de 5 championnats du monde équipe, constructeur et conducteurs entre 1982 et 1989.

Elle était programmée pour disparaître mais la 911 s’accroche. À tel point que les dirigeants décident finalement de redéployer la gamme au début des années 80. Courant 82, la première version cabriolet de l’histoire de la 911 est présentée.

Porsche présente la 959 en 1985. À ce moment, il s’agit de la voiture de route la plus sophistiquée au monde : moteur 6-cylindres double turbo de 450 chevaux, amortisseurs ajustables automatiquement, freins ABS, transmission intégrale à commande électronique, contrôle de pression des pneus. Et dire que cela paraît presque commun aujourd’hui… Ce qui reste hors norme, ce sont les performances : 0 à 100 km/h en 3,9 secondes.

Porsche développe une version tout terrain afin de gagner le rallye Paris Dakar. C’est ce qu’elle fait en 1986, en remportant les deux premières places.
Partie 3 : l'expansion
Devant les grognements des porschistes les plus fidèles, Porsche revoit la copie de la 924 et lance la 944 en 1982. Plus affûtée, elle reçoit un 4-cylindres Porsche à la place du bloc Audi (2,5 litres, 163 chevaux).

La 928 reçoit un sérieux restylage en 1986. L’esthétique est modernisée alors que le V8 passe à 5,0 litres de cylindrée (320 chevaux).

Avec l’adjonction d’un moteur turbo en 1985, la 944 commence à avoir le caractère désiré par les aficionados de la marque. Ce modèle 1989 voit son 2,5 litres développer 250 chevaux.

La 944 S2, introduite en 1989, sera fabriquée uniquement en cabriolet, une première sur ce modèle. Elle recevait un 4-cylindres de 3,0 litres développant 208 chevaux.

Pour 1989, la 911 reçoit enfin de profondes modifications (modèle 964). Parmi les nouveautés les plus significatives : la transmission automatique Tiptronic, 4 roues motrices et un nouveau moteur de 3,6 litres.

En 1990, la 911 Turbo réapparaît sur la base du modèle 964. Elle bénéficie encore du 3,3 litres qui passe à 320 chevaux. La version S de 1992 présentée ici développe 380 chevaux.

En 1992, la 944 devient 968. Les modifications au châssis sont profondes et son moteur est le plus gros 4-cylindres au monde à ce moment. Il s’agit ici d’une 968 CS de 1993 avec moteur atmosphérique de 3,0 litres développant 240 chevaux. La 968 sera arrêtée en 1995.

La 928 GTS, ici un modèle 1993, est la 928 de série la plus aboutie de la lignée. Son moteur passe à 5,4 litres et il développe 350 chevaux. La 928 sera aussi arrêtée en 1995.

1993 voit l’apparition d’une nouvelle génération, baptisée 993. Parmi les différences notables par rapport à la 964, on trouve un style plus fluide et une nouvelle suspension arrière multi bras.

La 911 Turbo est réintroduite en 1995. Mais c’est fois-ci, elle vient d’office avec une transmission intégrale. Pour n’avoir que 2 roues motrices et sauver du poids, il faut choisir l’option GT2. Vous avez alors une bête de 430 chevaux prête pour la course.

En 1993, Porsche est au creux de la vague et compte bien sur le concept Boxster, présenté aux salons de Detroit et Genève cette année-là, pour s’en tirer. Heureusement, la réaction est positive.

La Boxster est introduite sur le marché en 1996. Le moteur, un 6-cylindres à plat de 2,5 litres développant 201 chevaux et refroidi par eau, est placé en position centrale arrière et non pas en porte-à-faux. Une partie de la production est assurée en Suède, chez Valmet. C’est le début d’une nouvelle période de croissance pour Porsche.

C’est le début (discret) d’une nouvelle ère avec l’abandon du moteur refroidi par air de la génération 996, présentée en 1997. L’apparition de phares dépassant des ailes née.

Il s’agit de la cinquième génération de 911 Turbo, introduite en 2000. La course à la puissance ne s’est pas arrêtée et le 3,6 litres développe maintenant 420 chevaux. Elle inaugure la technologie des freins en carbo-céramique.

La GT3 est introduite en 1999 comme une version ultra affûtée. Elle subit une cure d’amaigrissement intensive mais conserve le moteur atmosphérique (contrairement aux GT2, qui gardent le moteur turbo). La version RS bénéficie d’un moteur de 380 chevaux.

Issu d’un développement commun avec Volkswagen, l’utilitaire Cayenne a été introduit en 2003 et provoqué l’indignation de bien des porschistes. Il s’est pourtant remarquablement vendu à travers le monde. Une version diesel est prévue pour 2010.

La Carrera GT a été produite à 1270 exemplaires de 2004 à 2006. Elle recevait un V10 de 5,5 litres développant 612 chevaux initialement prévu pour la compétition qui reposait sur un châssis entièrement en carbone.

En devenant 997 en 2005, la 911 retrouve ses phares ovoïdes. L’intérieur est rafraîchi et Porsche continue de décliner les versions à l’envie.

La gamme 2008 : 911, Cayman, Boxster et Cayenne.

Porsche est en train de finaliser la construction d’un musée qui sera dédié à l’histoire de la marque et qui ouvrira ses portes le 31 janvier 2009.

La direction de Porsche avait refusé le projet d’une 928 4 portes dans les années 80, la jugeant pas assez sportive pour la marque. En 2010, la Panamera, première berline 4 portes de la marque, sera introduite sur le marché. Elle sera dotée de moteurs allant de 300 à 500 chevaux. Une version hybride est prévue pour plus tard.
@++
